Edito: Décret Inscriptions- Quelques nouvelles réformettes et une mixité sociale toujours en attente

Journal de classe

07/02/2022

Cette année, la période des inscriptions en 1e secondaire aura donc lieu du 14 février au 11 mars (les détails de la procédure et le calendrier complet sur https://inscription.cfwb.be/ ).

Infor Jeunes Laeken, cette année encore, organisera des séances d’information (voir les dates dans ce numéro) à l’attention des familles dont les enfants accéderons en 1e année commune en septembre prochain. Le gouvernement de la FWB a, pour le coup, introduit quelques changements. Certains d’entre eux entrent en vigueur cette année (2022-2023), d’autres l’année suivante (2023-2024) :

  • Pour cette année, deux modifications ont été introduites : 1) les parents dont le 1e choix se porte sur une école « réputée incomplète » au cours de ces trois dernières années, verront leur inscription confirmée immédiatement sans nécessité de passer par la phase de classement qui fait suite à la période d’inscription. 2) les élèves qui sont dans une classe de 1e différenciée secondaire (en vue d’obtenir le CEB) pourront également participer au processus d’inscription en 1e commune (ce qui n’était pas le cas auparavant).
  • Pour l’année suivante, d’autres modifications devront intervenir : notamment, la modification du critère géographique, ainsi qu’une décentralisation du service ayant en charge le traitement du classement et donc de l’attribution des écoles aux élèves (l’actuelle CIRI).

Disons le tout net: si ces changements sont censés alléger certains mécanismes de classement, ils ne s’attaquent en rien au fond du problème, qui constitue l’objectif initial du décret jamais véritablement atteint: réduire de manière significative les inégalités de notre système scolaire, principalement en y introduisant suffisamment de mixité sociale. La raison en est que le décret inscriptions introduit de la mixité seulement à la marge, à l’entrée du secondaire, sans qu’aucune autre mesure ne complète le dispositif en faisant en sorte que la mixité sociale se maintienne tout au long du cursus (et il est peu probable que l’implémentation du continuum pédagogique jusqu’en 3e année année (comme prévu par le Pacte d’Excellence) suffise à inverser la tendance).

Cette nouvelle mouture du décret a suscité des réactions auprès d’associations directement concernées par les questions d’enseignement.

Pour la Cgé (Changement pour l’Egalité) : « Ce qui nous choque, c’est que la réforme de ce décret n’a pas été utilisée par le politique pour porter un débat public, tenter de faire progresser les mentalités et modifier un tant soit peu les représentations».

Quant à l’Aped (Appel pour une école démocratique), elle n’y va pas par quatre chemin : « On le voit, le bilan global de ce nouveau décret est plutôt : « moins bien ». Aucune chance en tout cas de réduire significativement la ségrégation et les inégalités scolaires sans s’attaquer franchement au marché scolaire.  Si l’on souhaite vraiment introduire la mixité sociale dans nos écoles, il faut impérativement commencer par proposer une école aux parents, en tenant compte de la distance domicile-école bien sûr, mais en veillant simultanément — à l’aide d’une procédure d’affectation fondée sur les indices socioculturels des élèves — à établir les compositions sociales les plus mixtes possibles dans les établissements scolaires»

Bref, de nouvelles réformettes qui n’améliorent en aucune façon la mixité sociale de notre système scolaire. Dans de telles conditions, rien d’étonnant si celui-ci demeure particulièrement inégalitaire.

Eric Bruggeman

Infor Jeunes Laeken

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